Le soleil au bout du tunnel

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J’ai passé la dernière semaine sur L’Isle-aux-Coudres, je vous l’ai dit. Ici, il n’y a rien qui ne soit parfait. Cette marche le long du fleuve qui s’éternise dans le plaisir qu’on y prend, le repas de quelques oiseaux qu’on n’ose déranger, le soleil qui s’étend dans les feuilles multicolores sur la rive en face, et toujours ce calme, celui du fleuve qui vient caresser la grève, métronome des heures. Parfait, je vous dis. Et encore, je ne vous dis rien de ce ciel d’étoiles, la nuit venue.

Les jours passent et la proximité de l’eau m’est chère. Apaisante. Je suis chanceux d’être là. Et je pense à ces histoires qui m’ont fasciné dernièrement. Ces gens qui n’ont jamais vu la mer. Et je ne vous parle pas d’un Ladhakpa dans les montagnes ni d’un Toubou dans le désert, mais des gens qui ont grandi dans une ville portuaire.

Vous avez peut-être été voir l’exposition de Sophie Calle au Musée d’art contemporain, un peu plus tôt cette année. Vous vous rappellerez alors la seconde partie de l’exposition, où des projections vidéo nous montraient des gens observant la mer pour la première fois. Ces gens de tous les âges étaient Stambouliotes et ont grandi, est-ce nécessaire de le rappeler, sur les côtes du Détroit du Bosphore, qui relie la mer Noire à la mer de Marmara. Il m’était fou de penser que nous pouvions vivre si près de l’eau, de tant d’eau, et ne jamais s’y rendre.

La réponse à ma stupéfaction m’est peut-être apparue à la une du Devoir, quelques semaines plus tard : la pauvreté. On y rencontrait, par les mots, Marie Thane, mère monoparentale de deux enfants, habitant à Port-au-Prince. L’article relatait le quotidien de cette petite famille et les sacrifices que devait faire Marie Thane pour joindre les deux bouts. Elle qui avait grandi à Port-au-Prince – capitale haïtienne sur les côtes de la Baie de Port-au-Prince qui rejoint plus loin le Golfe de la Gonâve – n’avait vu la mer qu’une seule fois. Elle s’en souvient comme « l’une des plus douces sensations qu’elle ait éprouvées de sa vie ». La mer a beau être juste là sur la carte, dans le fatras des jours et les impératifs d’un ventre qui crie, elle est parfois loin. Très loin.

Aujourd’hui est un jour ordinaire. Ce n’est pas la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté ou celle de la paix dans le monde, non, simplement un jour comme un autre pour ces gens qui triment. Un jour de plus pour ces gens d’ici et d’ailleurs qui font de leur mieux dans un monde qui leur donne peu de chance.

D’autres, heureusement, essaient de les aider. Depuis bientôt trois semaines, cinq Québécois ont entrepris le projet de parrainer une famille syrienne. D’autres suivront sûrement. En attendant, il y a cinq personnes qui ont besoin d’un coup de main, pour les aider à donner un grand coup de main. Je sais qu’il y a beaucoup de gens dans le besoin. Mais sommes-nous des êtres d’une seule cause? Je nous invite à les soutenir.

Vous pouvez en savoir davantage en suivant ce lien (ou celui de leur page Facebook).

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